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Il n’y aura toujours pas de supermarché à Étouvie.

C’est pourtant une des principales attentes des habitants de ce quartier. C’était un des sujets qui revenait souvent lors de la campagne des départementales en juin 2021.

Cette publication est longue et technique, mais elle explique comment le maire d’Amiens s’est fourvoyée dans une promesse qu’elle n’a pas réussi à tenir. Pire, elle l’avait faite en organisant un arrangement commercial qui aurait pu fragiliser le commerce de centre-ville.
C’est via une question orale que je lui ai posée lors du dernier conseil municipal qu’elle n’a pas pu faire autrement que de reconnaître que le projet était à l’arrêt.

« Madame le Maire,
Depuis le début du mandat, dès qu’il est question d’Etouvie et plus particulièrement des Coursives dans les ordres du jour des conseils municipaux, nous vous interrogeons sur l’état d’avancement de l’arrivée tant attendue par ses habitants d’un supermarché de proximité.

Notre première demande remonte au conseil municipal du 29 octobre 2020. Nous profitions d’une délibération sur la construction de la médiathèque voisine pour vous interroger sur le sujet et vous éludiez la question et décidiez de ne pas nous répondre.

Lors du conseil municipal du 27 mai 2021, vous annonciez “je suis très heureuse de vous indiquer que nous avons maintenant un opérateur. L’enseigne Edouard Leclerc a confirmé son engagement à travers un courrier qui m’a été adressé le 19 mars 2021 pour développer un projet Edouard Leclerc Express d’une surface d’environ 1000m² dans le quartier d'Etouvie, le long de l’avenue de la Commune de Paris. Une ouverture au cours du dernier semestre 2022 est envisagée.”

Nous nous réjouissions de cette nouvelle.

Cinq mois plus tard, lors du conseil du 28 octobre 2021, nous évoquions à l’occasion de la délibération “15 - Etouvie. Ilot des Coursives. Société de Distribution de Salouel. Autorisation de dépôt de permis de construire” la possibilité que la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) ne valide pas cette implantation étant donné les recours possibles des concurrents partageant la même la zone de chalandise.
C’était il y a cinq mois.

En parcourant ces derniers jours le site internet de la CNAC (Commission Nationale d’Aménagement Commercial), nous découvrions que la décision favorable de CDAC de la Somme du 20 septembre 2021 avait été attaquée par des enseignes concurrentes à LECLERC (INTERMARCHÉ et AUCHAN) auprès de la CNAC et que celle-ci avait décidé le 10 mars 2022 de casser la décision de la CDAC et avait émis un avis défavorable définitif à la création du Leclerc Drive à Intercampus.

Dans ses considérants, la CNAC rappelle que “la commune d’Amiens a bénéficié d’une subvention au titre du fonds « FISAC » et que le projet ne contribuera pas à la préservation et la revitalisation du tissu commercial du centre-ville.”

La CNAC énonce que ce DRIVE “aurait été de surcroit incompatible avec le fonctionnement et les principes attendus de tout éco-quartier se voulant être vertueux et valorisant les circuits courts”.

La CNAC considère aussi que “le projet qui prévoyait que la construction d’un tel bâtiment d’une surface de plancher de 3 039 m² aurait, par son emprise au sol conséquente, entrainé une forte consommation des sols”.

La CNAC considère enfin que “le parti pris architectural du projet reposait sur la construction d’un vaste bâtiment peu qualitatif en bardage métallique de teinte gris clair fortement visible et qu’aucun aménagement paysager en toiture ou en façade ne permettait d’atténuer le caractère massif et peu harmonieux du bâtiment projeté.”

Nous avons ainsi découvert à la lecture du rapport de la CNAC un projet de drive qui aurait déstabilisé le commerce de centre-ville, un projet peu harmonieux, et un projet qui aurait été à l'encontre de toute notion d’écologie (ce qui est un comble en ce jour où vous nous avez présenté une délibération sur un piètre pacte pour la transition écologique).

Si encore cela ne s’était joué qu’entre acteurs privés entre eux... Mais nous découvrons que vous avez soutenu ce projet laid, non écologique et dangereux pour le commerce de centre-ville. Vous l’avez soutenu en envoyant une de vos adjointes plaider sa cause auprès de la CNAC. Pire, vous y avez envoyé votre adjointe déléguée au commerce, dont la mission essentielle doit être avant toute chose de protéger le commerce de centre-ville, locomotive du commerce des faubourgs.

Il n’y aura donc pas de LECLERC DRIVE à Intercampus, élément qui devait a priori être, pour le porteur de projet, la condition sine qua non à la création d’un LECLERC EXPRESS aux Coursives

Êtes-vous en mesure aujourd’hui, au vu de ces éléments préoccupants, d’assurer quand même aux habitants d’Etouvie qu’ils pourront faire leurs courses au cours du dernier semestre de 2022 dans un LECLERC EXPRESS face aux Coursives ?




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