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Il faut un grand plan pour les quartiers en souffrance d'Amiens

Ce weekend, des échauffourées ont eu lieu à Etouvie puis, par mimétisme dans quelques secteurs au nord d'Amiens et à l'est, à Philéas-Lebesgue.

Cette situation m'attriste car elle reflète le symptôme de la dérive d'une faible (mais visible) partie de la jeunesse qui ne trouve plus d'autre moyen d'exister et de se faire entendre (par des tirs de mortiers et des partages sur les réseaux sociaux de leurs exploits) qu'en entrant en délinquance.

Cette situation m'attriste car elle s'est banalisée, à tel point qu'on peut lire ce matin dans la presse locale Courrier picard le témoignage d'un habitant "C'est tous les week-ends, on a toujours connu ça ici et ça va, on a connu plus grave. Ce qui change, ce sont les mortiers".

Cette situation m'attriste enfin car, par le prisme habituel de l'information, la loupe est posée sur les actes délictueux qui font du mal à l'image de ces quartiers en les stigmatisant alors que je le sais, je le vois depuis près de 10 ans en tant qu'élu local, en tant aussi que candidat en campagne et donc au plus près du terrain à Etouvie il y a quatre mois, des associations, des habitants, des collectifs, des clubs sportifs, se démènent pour occuper et éduquer les jeunes, pour les aider à se construire et à avoir une meilleure vie. Hélas, certains passent à travers les mailles du filet, à cause de la drogue souvent.

Cette situation m'attriste enfin, car, comme s'il s'agissait d'une fatalité contenue géographiquement à certains quartiers, et pour ne pas faire de vagues dans d'autres, le maire ne s'exprime pas, ce qui serait la moindre des choses pour montrer qu'elle est dans la compassion et qu'elle se déplace quand un quartier de sa ville est en souffrance, mais pire, elle ne fera à coup sûr aucune annonce sur un grand plan de longue haleine et pluriannuel pour prendre en compte ces faits et améliorer le bien-vivre dans ces quartiers.

Cela doit à notre sens passer par une batterie de masures allant de la prévention dès le plus jeune âge, au décrocheurs scolaires, à l'urbanisme, à la propreté, à la fierté d'être Amiénois, à l'aide plus poussée et massive aux associations et clubs sportifs, et à une présence plus importante de policiers municipaux pour épauler la police nationale qui ne démérite pas mais qui est confrontée elle aussi à un manque d'effectifs.

Ce ne sera pas facile, cela sera long, cela coûtera beaucoup d'argent, mais cela est nécessaire, car un maire doit s'occuper de TOUS ses administrés, et encore plus de ceux qui souffrent.



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